Méli mélo

instants fugitifs

11 mars 2009

Mot à mot

Mot à mot, apprenez, demain vous réciterez et attention de fauter. Pas de fantaisie, pas de peinture.
Mais l'enfant a joué, un mot pour l'autre, il a écrit des lettres, le mot comme il l'entend, il paraît n'importe comment.
Mais lui aime les sons, les syllabes qu'il a appris à connaître avec sa mère, charmant apprentissage bourré de symboles.
Quand très tard, il s'est trouvé en salle de classe, sans l'avoir demandé, il savait lire mais non écrire ; il a inventé un jeu, des jeux de mots dont il a tout oublié, le début et la fin et il a joué très tard au lit.
Oui, il récitera ces interminables réponses aux questions religieuses parfois si importunes.
Non, il ne récitera pas l'histoire dite sainte car c'est des histoires qui ne se racontent pas mot à mot.
Oui, il apprendra la géographie avec les grands espaces mais se fermera aux mathématiques qui ne servent à rien, du moins à rien pour lui.
On ne sait pas pourquoi il déteste compter alors qu'il adore conter sur le papier une petite histoire peu inventée.
Mots en sons, mots en syllabes, mots inventés par l'enfant, revenez combler la mémoire, un mot pour l'autre, quelle surprise. Retrouvez un autre mot à mot qui vibre comme la peinture future.

( texte ancien )

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14 février 2009

Tourner en bourrique

Autrefois, c'était ma mère qui me faisait tourner en bourrique puis ce fut moi-même.
A treize ans, mes rêves je voulais les vivre chaque jour, chaque minute et je tombais dans la mystique. Être aimée dans l'absolu par un Dieu-homme, je le désirai dans toute la réalité de ma vie. Et tous mes efforts et toutes mes pensées allaient vers cette réalisation qui je le croyais dépendait aussi de moi, de cet amour que je voulais toujours plus pur, toujours plus fort, toujours plus beau.
Mon petit secret me faisait " tourner en bourrique "
Comme un âne, je suivais la même voie qui me donnait du plaisir et de la satisfaction.
Comme un âne, je continuais toujours et mon corps ne vibrait pour personne d'autre.
De l'eau à passer sous le pont du Rhône et je rêve encore mais c'est très différent !
Sourire !

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22 janvier 2009

Algérie 1970

Trois célibataires
sur un bateau
la classe économique
grillagée

El Harrach
le point d'encrage
on nous prête
une vieille 2cv

Je proteste
que je ne veux pas
passer mon temps
à faire le marché
et la cuisine

On décide
un parcours
un jour on dort
chez les religieuses
sur le carrelage
un autre jour
à l'hôtel

Bougie illuminée
et sa plage
les kabyles
aux yeux bleus

Le film
" la guerre d'Alger "
dans cette ville
pas très rassurée
la haine était-elle là.

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21 janvier 2009

Roumanie 1972

Toujours célibataire
je pars seule
en voyage organisé
échaudée par l'aventure passée

Premier voyage
en avion
un château
des collines
un lac
ou la mer noire

le marché
les femmes au travail
les enfants embrigadés
aux foulards rouges
les soldats
qui défilent

Le monastère orthodoxe
avec ses rescapés
La boisson nationale

Un parc
où sont rassemblées
de magnifiques maisons
en bois
sculptées
ou peintes à l'extérieur

Les monastères
avec leurs fresques extérieures
le thème de notre voyage

Je logeais avec une fille
de Bretagne
inconnue
on s'est entendu.

Le jeune homme
qui voulait échanger
son argent avec des francs
pour partir de son pays
son visage qu'il cachait
est oublié.

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Italie 1966

Souvenirs évanouis
quelques photos
sont restées
cathédrales
églises d'Italie

Florence
les peintures
le Vecchio
Vérone
ses ruines
Venise
avec un ciel gris

Ce magnifique pont
est-ce le Vecchio
j'aurais du
noter le lieu

Une partie
du groupe
de jeunes
avec notre
cher guide.

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14 novembre 2008

Le vieux berbère

Il y a dix ans
peut-être
rencontre
d'un vieux berbère

" Si je savais parler
en français
j'aurais tant de choses
à vous dire "

Et il expliquait
en langue arabe
pourquoi il vivait
comment il vivait
il manquait
la traduction.

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Le vieil homme

Que dirait le vieil homme
que j'aimais bien
" c'est un casse gueule
que tu as fait "

Il gromelait
" il y a des fausses mystiques "
" il faut manger encore "
Marie-Nicole

" Tu as écris cela
sans réfléchir
et alors le capital
on en a bien besoin "

" Quel temps fera-t-il demain? "

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28 juillet 2008

L'enfant se reposait

En Juillet
l'enfant se reposait
à l'ombre
derrière la maison

Elle déclamait Corneille
ou Victor Hugo
ça rompait le silence

Elle révisait l'anglais
ou le latin
ou l'algèbre

L'enfant préférait jouer
avec les papillons.

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01 mars 2007

PAGE 3

On habitait au cald et il fallait trouver un contrat de travail pour obtenir une carte de séjour.
Beaucoup de femmes tombaient amoureuses de moi ce que j'appréciais sauf une qui venait parfois aux réunions de l'asti. Quelle était cette étrange femme qui ne tombait jamais amoureuse de personne.
Par hasard, on s'est rencontré dans la rue, je lui ai montré mes textes de théâtre.
Elle a fait mon chauffeur : on allait dans les chambres des ouvriers agricoles et je leur expliquais qu'il ne fallait pas rester sans papier mais qu'il fallait demander un contrat de travail au patron et s'il refusait il fallait partir et aller travailler ailleurs avec un contrat !

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PAGE 2

En 1972, on logeait dans la rue Pompéry,près de l'ancien hôpital, on était quatre dans dix mètres carrés, on faisait la cuisine dans notre chambre. Un jour, on nous a dénoncés et les policiers sont arrivés revolvers au poing.
On avait sept jours pour quitter la France mais par hasard on a rencontré des jeunes étudiants qui nous ont aidés. Ils nous ont soutenus et on a organisé une grève de la faim à la sacristie de l'église Notre Dame. Et on a manifesté plusieurs fois, beaucoup de gens sont venus nous soutenir !
Beaucoup de collègues travaillaient comme moi avec un numéro de sécurité sociale et avec des fiches de payes, c'était honteux !
Un groupe de jeunes restaient avec nous toute la nuit et deux femmes ont fait aussi la grève de la faim avec nous pendant quelques jours mais le temps passait et l'espoir s'amenuisait.
Des gens compétents ont préparé pour chacun un dossier à transmettre à la préfecture.
Il y a eu une grande manifestation vers Noël et les curés ont fait la grève de la messe de minuit sur toute la ville de Valence.
Entre les deux fêtes, on a tous été régularisé par Edgar Faure !

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