06 novembre 2009
Expérience avec les psychotropes
Sur prescription médicale.
Ces médicaments m'amputent des pensées venues de l'inconscient, de quelques ressentis , de cette fascination amoureuse ou douloureuse qui est propice à la création.
Je suis dans un état de torpeur, de bien-être, d'indifférence à tout et aussi plus du tout d'obnubilation. Je joue le jeu quelques jours en étant très consciente des modifications très importantes de la conscience. L'état de relaxation est bénéfique mais je ne supporterai pas longtemps l'état d'indifférence et la presque incapacité de travailler.
Le temps est un peu aboli, je ne sais pas combien j'ai passé de temps dans cette torpeur consciente.
Si j'avais repris des médicaments ce matin, j'aurais risqué de tomber dans la dépendance des autres.
Je vais continuer à voir ce que deviens mon corps avec ça !
05 novembre 2009
J'attends rien, j'attends tout, j'attends l'utopie...
Des rencontres intéressantes où les personnes n'ont pas des carapaces, n'ont pas des oeillères.
Des rencontres où je puisse regarder la personne sans que mon regard s'abaisse.
Pourquoi s'enfuit-il mon regard ? parce que peut-être, assurément ça ne se fait pas de se regarder les yeux dans les yeux, c'est très gênant. Peut-être, on ne veut pas que l'autre découvre sa vie secrète.
Ne pas être hypnotisée par personne, savoir accueillir la souffrance comme la joie.
Je ne veux pas de morphine, je ne veux pas être endormie.
le 3 11 09
Alerte
Réveil dans la nuit, pensées fortes, c'est une alerte...
Cette première séance chez un psy c'est la reproduction de la société de contrainte, c'est la castration du désir qui donne pour moi la castration de la création, le lieu était-il glacial ? le corps rejette cela.
Mais ce n'est pas cela que je cherche, je cherche quelqu'un qui me comprenne, je cherche la gratuité de l'amitié, je n'ai rien à acheter, je n'ai rien à vendre.
Je n'ai aucun trésor à acheter, on n'achète pas le bien-être, on peut le trouver quelquefois avec la musique qui parfois vous met dans un état second.
Ce n'est donc pas le bien-être que je cherche avec le moins de souffrance possible mais le bien-vivre et cela est beaucoup plus difficile à trouver.
Inaccessible, je ne crois pas.
le 2 11 09.
21 octobre 2009
Au fond de la noirceur, il y avait la barque silencieuse, une barque à voiles blanches, elle descendait le fleuve, elle avait beaucoup de chemin à faire pour rejoindre la mer.
Dans la barque se trouvait une femme qui ne savait pas manier les voiles, elle se laissait entraîner par le courant. Elle avait embarqué dans la nuit, elle avait quitté ses proches, elle avait oublié le passé, elle avait laissé le harcèlement des soucis quotidiens. Mais à défaut de savoir manoeuvrer les voiles, elle pouvait manier les avirons.
Que faisait-elle ? Où allait-elle ? Elle ne savait pas-qui peut savoir ce que nous réservera demain. Combien de barques descendaient le fleuve, elles étaient si nombreuses, si différentes, si colorées. Ce n'était pas une course, aucune n'était pressée d'arriver à la fin du voyage.
Quelques unes s'arrêtaient, se rassemblaient au port pour une fête bruyante.
D'autres continuaient dans la solitude et d'autres faisaient des escales bienfaisantes dans les villages.
Et la plupart avançaient sans bruit.
J'ai oublié l'eau qui porte la barque
est-elle noire ?
est-elle vert émeraude ?
est-elle bleu outremer ?
Elle est si changeante suivant les heures, les jours et les années.
La femme a laissé la barque, l'eau est claire, elle est descendue doucement, elle a nagé, elle est restée un long moment dans cette eau bienfaisante. Puis elle a repris le long voyage.
( le 13-10-09 )
10 octobre 2009
Les monstres
Je ne lis pas ce que je veux, je ne choisis pas toujours mes activités.
J'ai fait une petite peinture un jour de cette semaine, je voulais expérimenter, j'avais vu sur Internet que d'autres avaient réussi à peindre avec la main.
Du noir sorti du tube, je fais trois monstres dont un très gros qui semble dormir et deux autres comme des serpents verticaux.
Pas très fière, je prends du rouge et je commence un soleil qui devient un monstre-poulpe.
Mécontente, je prends du jaune et je fais quelques animacules sans formes préméditées à droite et à gauche.
Mécontente, je barre tous les monstres avec des obliques noires et je prends du pastel, couleur géranium, je comble les blancs de la toile et je fais quelques taches...
Mécontente, je fais des points jaunes sur les quatre monstres et j'arrête.
Ce n'est pas flatteur mais ce doit-être ma vie...
01 octobre 2009
Idoles
J'ai trouvé quelques trésors, pour qui, pourquoi ?
Une petite femme avec ses attributs et un visage sans regard, je l'ai ramenée à la maison entre mes bras.
J'ai trouvé ce qui était fort improbable : deux ailes d'oiseau, très fines, super fragiles, sans corps d'oiseau.
C'est inouï que la pierre se soit cassée de cette façon, avec une aile qui se retourne. Je l'ai changé de place et je l'ai laissé sous la protection d'une pelle en fer.
J'ai retrouvé et regardé à nouveau une statue car elle est sculptée parfaitement, je n'y ai pas touché, je l'ai changé de place et je l'ai installée sans protection.
Que vais-je faire de ces pierres que j'aime.
30 septembre 2009
Corps de pierre
Je voulais vous amener une ou deux pierres ; émotions devant elles, elles veulent me parler, elles veulent me dire quelque chose de l'humain. Elles sont là inertes, avec leurs blessures, leurs boursouflures, leurs crevasses, leurs fentes, leurs protubérances et l'imagination vole :
- celle-là c'est vraiment un sein, un seul sein, c'est la même forme avant que je n'aie rien touché
- celle là a fabriqué une protubérance noirâtre, pas de doute c'est un sexe qui est né tout seul
- l'autre est encore plus étrange avec son visage difforme qui change selon l'ombre et la lumière.
Je suis amoureuse de ces pierres, j'enlève le sable aggloméré, je gratte doucement, je continue mon rêve en pierre.
Pierres friables, j'ai peur que l'orage vous détruise, j'ai peur que les chasseurs vous jettent, je crains que la pluie vous désintègre.
Pierres fragiles, je ne suis pas pressée que vous retourniez en poussière, vous n'êtes pas du granit qui résiste aux intempéries ; vous n'êtes pas des pierres précieuses qu'on collectionne, que je n'oserais pas toucher, mais vous je peux vous modifier.
Apprentissage comme font les enfants, ni du taillage savant, ni de la sculpture de grands artistes ; simplement je me permets de modifier la pierre ( parfois violemment ) pour la faire exprimer quelque chose comme un totem,comme une idole...
29 septembre 2009
Oiseau très lourd
Trop chargée de fatigue, trop emberlificotée dans les problèmes, trop barbouillée, trop écoeurée sans trop savoir pourquoi.
Et la peur de vivre est toujours là, la peur de faire souffrir, la peur de faire mal et pourtant je persiste dans ma décision.
Si j'étais un coq, je pourrais crier cocorico mais je ne suis qu'une timide volaille qui ne vole pas. Si j'étais un lapin, je me cacherais dans mon terrier le jour et je sortirais la nuit au clair de lune. Mais je n'ai même pas idée de regarder les nuits étoilées, quand il fait beau.
Parfois le corps panique, on n'y peut rien, malgré mon désir d'être zen !
Que veux-tu mon corps, il faudrait que tu sois clair et que tu ne veuilles pas une chose et son contraire.
Qu'est ce que je veux... je suis déstabilisée par la famille proche et alors pourquoi interviennent-ils dans les décisions de ma vie.
Il faut laisser passer cette colère rentrée !
Tous les jours bien présente au combat pacifique...
C'est une nouvelle énergie que j'attends !
Des oiseaux en pierre
Phrase paradoxale... et pourtant ces deux mots que j'aime se sont collés.
Les vrais oiseaux ont émigré, on ne les entend plus, il faut aller très loin dans la combe pour en entendre quelques uns, ce sont des oiseaux invisibles bien cachés dans les hêtres, ils se protègent des chasseurs !
J'aimerais trouver des pierres assez grandes, assez belles, assez fines comme des oiseaux préformés.
Des pierres qui font les maisons, non d'autres pierres restées en terre très longtemps et affinées par le temps.
Car je n'ai pas de compétences pour tailler la pierre.
Mais j'ai un rêve en pierre, sans image, qui ne ressemble pas à un oiseau mort.
Il me suffirait de trouver la pierre que je cherche. Aura-t-elle des ailes hypertrophiées ?
Retrouver la pierre
J'avais déconstruit la murette, qui tient le pilier en bois de la cabane pleins vents. Il reste des pierres mais elles sont trop lourdes.
Cette pierre est là qui m'attend, elle est très épaisse avec des arêtes et des failles. L'arête du haut semble délimiter un crâne avec une bosse, l'arête verticale semble délimiter les deux faces d'un visage mais cette arête irrégulière n'est pas au milieu...
Ça ne me gêne guère, ça pourrait être un visage déformée ou fantastique. Les places des yeux sont creusées mais des yeux ce n'est pas des trous !
( et l'autre pierre est-ce une omoplate ou une clavicule, je n'en sais rien ; elle aussi, je la remarque. )
Il y a un craquement qui m'interroge, est-ce un insecte et un croassement de gros oiseau comme celui du corbeau. Il n'aime pas les visites !
J'emporte ma pierre sous la tonnelle de buis et je mets un couvercle de pierre pour la protéger.