Méli mélo

instants fugitifs

29 octobre 2009

Te dire le soleil angoissé et la lune méditante.
Te dire le vent qui s'est enfuit et la pluie qui a cessé.
Te dire toutes les étoiles perdues en ville.
Te dire la mer si lointaine qu'on l'a oubliée.
Te dire la montagne aimée qu'on ne peut plus imaginer.
Te dire les petits enfants aimés qu'on veut revoir.
Te dire les enfants aimés qu'on n'oubliera jamais.
Te dire le ciel bleu et l'ombre sur les toits.
Te dire le linge qui sèche sur le balcon.
Te dire tout ce qu'on ne peut pas dire.

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Guérison

Guérir avec cette musique de violon.
Guérir avec ce silence et tous ces objets rassemblés.
Guérir avec tous ces oiseaux, tous ces poissons, cette mer, ces montagnes.
Guérir avec la vie de la mer, cette diversité et toutes ces couleurs.
Guérir avec le soir qui tombe.
Guérir avec toute la tendresse.

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27 octobre 2009

Parfois c’est comme un grain de folie, une tristesse inaccoutumée, une angoisse incompréhensible, une fatigue anormale, une crainte irraisonnée.

Parfois j’ai l’impression que peu de choses pourrait me faire basculer, que je suis sur une limite dangereuse.

Parfois c’est la peur de continuer la route, le manque d’occupations obligatoires, le chemin difficile.

Parfois c’est le dégoût, l’énergie qui s’en va…

Depuis des millénaires, les femmes ont fait les servantes et j’ai du mal à sortir de là… oui, j’ai du mal à être une femme indépendante.

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24 octobre 2009

Absence de cris

Ce désir de crier, ce désir d'appeler, ce désir d'écrire. Je ne peux ni crier, ni appeler mais je peux écrire.
Absence de mots, absence de cris, par quel miracle je pourrais exprimer ce que je ressens.
Non, ce n'est pas la mort que je choisis.
Non, ce n'est pas l'hystérie que je choisis.
Non, ce n'est pas les fausses consolations que je choisis.
Il faudra écrire même n'importe quoi pour ne pas mourir.

Posté par chaabi39 à 14:18 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Fenêtres

Il y a les volets fermés qui parlent d'absence ou de sommeil. Il y a les volets ouverts qui parlent de vie, d'action, de travail.
Il y a les fenêtres ouvertes sur les balcons qui parlent de confiance et d'espérance et parfois il y a une silhouette derrière la fenêtre ou parfois la personne s'expose sur son balcon.
Et puis, il y a le volet entrouvert depuis presque un mois avec le même drap qui pend lamentablement à la fenêtre, il y a là une absence, un départ urgent, une mort peut-être. C'est impossible qu'une personne vivante laisse ce drap ou ce tissu pendu sous la poussière salissante... Un vrai roman policier.
En face de moi, une femme attendait à la fenêtre étroite de son appartement. Elle attendait, elle était jeune, elle regardait sachant bien que de ce côté, elle ne verrait pas grand chose, c'était la cour intérieure.
Elle était rentrée chez elle, imprégnée du ciel bleu ensoleillé.
( le 23-10-09 )

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Au bord de l'eau

J'attends le bateau près du fleuve qui coule doucement, quelques cygnes et canards se laissent aller au fil de l'eau.
L'arbre penche vers l'eau et ses feuilles se délectent de l'humidité et de la douceur.
J'écoute les oiseaux et le bruit sourd de la circulation des voitures lointaines.
Quelques femmes promènent leurs chiens... non vraiment je n'en veux pas.
Fleuve pollué mais sa surface est belle. Je vais mieux après cette nuit difficile, enserrée dans la nature que j'ai perdue depuis que je suis en ville.
Est-ce le dernier jour qu'arrivera le bateau ?
( le 22-10-09 )

Posté par chaabi39 à 13:50 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Il y a tout ce qu'on ne peut exprimer, tout ce qui n'a pas de mot pour le dire, tout ce qui fait souffrir, tout ce qui désespère.
Il y a tout ce qui ne peut sortir, il y a tout ce qui tue à petit feu, il y a tout ce qu'on pourrait peut-être exprimer par la couleur.
Il y a tout ce qu'on garde caché pour ne pas le faire fouler aux pieds, pour ne pas le faire moquer, pour ne pas le faire écraser.
Les mots, les paroles fatiguent, elles ne peuvent dire l'intraduisible.
Il y a tout ce qui appartient aux douleurs du corps qu'on ne peut dire, qu'on ne peut raconter.
Il y a tout ce que je ne peux pas écrire. Tous les mots sont-ils pourris ?
( le 22-10-09 )

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Désarroi du corps

Terre labourée, hersée, broyée, griffée, brûlée, saccagée.

Pierre cassée, écrasée, percée, lacérée, taillée, transpercée.

Souris souffrante, agressée, violentée, dépecée, sanglante, mourante.

Souris réanimée.

( le 17-10-09 )

Posté par chaabi39 à 13:04 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 octobre 2009

Au fond de la noirceur, il y avait la barque silencieuse, une barque à voiles blanches, elle descendait le fleuve, elle avait beaucoup de chemin à faire pour rejoindre la mer.
Dans la barque se trouvait une femme qui ne savait pas manier les voiles, elle se laissait entraîner par le courant. Elle avait embarqué dans la nuit, elle avait quitté ses proches, elle avait oublié le passé, elle avait laissé le harcèlement des soucis quotidiens. Mais à défaut de savoir manoeuvrer les voiles, elle pouvait manier les avirons.
Que faisait-elle ? Où allait-elle ? Elle ne savait pas-qui peut savoir ce que nous réservera demain. Combien de barques descendaient le fleuve, elles étaient si nombreuses, si différentes, si colorées. Ce n'était pas une course, aucune n'était pressée d'arriver à la fin du voyage.
Quelques unes s'arrêtaient, se rassemblaient au port pour une fête bruyante.
D'autres continuaient dans la solitude et d'autres faisaient des escales bienfaisantes dans les villages.
Et la plupart avançaient sans bruit.

J'ai oublié l'eau qui porte la barque
est-elle noire ?
est-elle vert émeraude ?
est-elle bleu outremer ?
Elle est si changeante suivant les heures, les jours et les années.

La femme a laissé la barque, l'eau est claire, elle est descendue doucement, elle a nagé, elle est restée un long moment dans cette eau bienfaisante. Puis elle a repris le long voyage.
( le 13-10-09 )

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Laure, Liking, Naf etc
Croissanterie où je suis assise
une grande affiche
" ce qu'il faut "  pas beaucoup de choses, un bonnet blanc pour mes oreilles qui risquent de geler
des pâtes en salade pour arriver à la fin de la journée.
Spectacle.
Défilé de haute couture parfois, on vient ici pour être vu ou pour être entendu.
Mais où ?
Qu'avons nous à dire ?  Qu'avons nous à crier ?
Aucune poésie dans ce complexe commercial, il y a des manques flagrants.
Trouver un petit café, un petit coin d'artiste.

Posté par chaabi39 à 14:23 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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