Méli mélo

instants fugitifs

30 novembre 2008

Sans accident

La fête
ne pas s'endormir
torpeur
besoin de sommeil

Elle se pince
pour ne pas dormir
l'esprit s'évade
un ailleurs
la voiture file
doucement

Non
ce n'est pas un robot
pas de stop
pas de passage interdit
pas d'appel de phares

Pas d'éblouissement
pas de camion
pas d'étourdissement
pas d'accident.

Posté par chaabi39 à 12:07 - réminiscences - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le caché

Deuil
enfance
parents
travail

Homme galopant
sur son cheval
coins secrets
des forêts

Faire un
avec la bête
faire un
avec l'esprit

Désir nouveau
inconditionnel
abandon
du passé.

Posté par chaabi39 à 11:59 - poésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Vu de loin

Ailleurs
pas de famille
la nuit sombre
pas de coup de poing
contre les portes fermées

Ailleurs
le voisin invisible
le passant court
le pain est loin

Pas de besoin
pas de chaleur
on s'ennuie
on dort le matin

Eau bonne
eau fraîche
vie plus douce.

Posté par chaabi39 à 11:54 - réminiscences - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Regard

Bébé suant
désert à l'envers
soleil de travers
blanc pervers

Ardoise pleine
ardoise vide
dans la solitude
main retenue

Pain partagé
germe de blé
espace incertain
plume filante

Saccharine passée
pois chiches trempés
planches clouées
planches voltiges
sur le vide

Ici
j'ai touché
le sable
qui file

Poule qui glousse
vache en ville
hirondelle
qui s'éveille.

Posté par chaabi39 à 11:46 - réminiscences - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 novembre 2008

Habiter ma vraie maison

Comment vous allez laisser le soleil ? le blanc et le bleu, la maison si agréable.
Comment vous allez laisser les " hindies " les raisins, les melons canaris et les grosses pastèques.
On va chercher la pluie, la verdure, le gris et le vert, la maison si perdue ! on va chercher les pommes, les poires, les oranges, les bananes.
On va laisser le hadj, les amis peu nombreux, les gens bruyants et entreprenants.
On va retrouver des gens silencieux, pas plus heureux, des gens fuyants, peu arrogants.
Comment vous allez fermer la maison sans nous donner la clef, on a plein de projets pour cette maison.
Tous, autant qu'on est, on se dit :
" Si jamais il me donne la clef, je ferai "
L'un pense :" J'habiterai avec mes enfants "
L'autre : " Je viendrai en vacances une fois par mois "
Et celui ci : " Je viendrai me reposer ici "
Et puis cet autre : " Je la louerai cher "
Et encore celui là : " Je la modifierai, la cuisine dans la grande pièce, les sanitaires dans la cour avec une bonne douche "
Et le maçon : " Je changerai le carrelage et les portes cassées "
" Vous êtes tous très gentils mais je ne veux pas d'une maison otage où je me trouve étrangère comme cela est déjà arrivé "
Je veux pouvoir venir à tout moment et si c'est possible habiter définitivement.
Alors je reviendrai, pas sûr qu'on refasse des travaux, j'ai aussi droit au soleil, à la mer, au blanc et au bleu !
( ancien texte vu avec un autre regard )

Posté par chaabi39 à 15:30 - poésie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Lieu d'écriture

Chaises grises, chaises noires.
La main d'Agnès avec ses deux bagues dorées,les lunettes d'Agnès, ses cheveux sages et son grand classeur avec ses secrets.
Stries de lumière sur les stores entrouverts.
Michel qui écrit avec beaucoup de mots.
René qui écrit en regardant les photos.
Des ombres passent, on entend des pas.
Des souvenirs passent, le cauchemar passé :
" C'était sur des trottoirs avec un grand marché peut-être des légumes. J'allais d'un stand à l'autre et de partout je me faisais insulter " puis c'était le réveil matin.
Pourtant je rêve d'écrire le journal d'un fou, si j'écris ne pas le mettre sur internet. Provocation, accusation, mais je n'accuse personne, je constate. Me méfier ou continuer à oser.
L'autre il crie dans la rue noire, encore un qui fait du volume.
On pourrait me dire :
" Allez vous rhabiller "
" On s'en fou de tout ça "
" Fermez la "
" Foutez nous la paix "
" Foutez la paix aux malades "

Les mots sont coupés à cause des stores; qui a-t-il de masquer ? A quoi ça sert les enseignes ?
Vitrines noires, murs blancs, voitures et motos, piéton avec un tee-shirt blanc, fenêtres noires, encadrements blancs, enseignes vertes.
Sculpture de la fontaine fragmentée derrière les stores gris.
Trois tabourets attendent les lecteurs des livres blancs.
Le vieil homme passe et marche difficilement.
L'olivier de la place est barré de stries grises horizontales.
Les photos attendent un jour meilleur, un jour où elles me parleront.
Les gamins sifflent et l'autre laisse son moteur de voiture en marche au stationnement.
Des femmes passent rue Pêcherie...

Posté par chaabi39 à 14:16 - récit - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

SL741272

Posté par chaabi39 à 11:34 - photos et rêves - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 novembre 2008

Paroles retenues ( de 2000 )

Paroles non dites, retenues, dissimulées, non avenues, imparfaites.
Paroles cachées, délavées, lessivées, contrariées, emmerlicotées, fanatisées on vous as enterrées pour l'éternité ; non je ne crois pas. Pourtant , tout ce qui n'est pas dit a pris un poids extrême et bourgeonne sans lois.
Partout, ce qui a été exclus c'est enfoui et a bouillonné, il semble que ça puisse ressortir en furie comme un volcan.
" Taisez -vous, vous n'avez rien à dire "  paraît-il
Peut-être, on pourrait le dire d'une autre façon définitivement, beaucoup plus tard. Pourquoi ne pas l'écrire, même si quelquefois rien ne vient, rien ne revient. Plutôt que de les supplier ces intermédiaires du langage, pourquoi ne pas tout oublier, codes, conventions, coutumes et peut-être qu'un jour ils reviendront comme une trombe d'eau fraîche.
S'ils ressurgissent bien stérilisés, bien handicapés, bien moisis mais pas encore pourris, on pensera à les baigner dans une source d'eau vive.
Quelquefois, à l'improviste, sans suite, quelques uns se lèvent sans crier gare alors on panique, on ne les reconnaît pas, d'où viennent-ils ? par quels chemins ? qui donc leur a demandé de sortir du passé ? Quelle surprise ! on va essayer de les coucher sur le papier.
Ecrits redits, parvenus, éclatés.
Ecrits retrouvés, bienvenus, précis.
Ecrits harmonieux, ruminés, tolérants.

Posté par chaabi39 à 21:05 - recherche - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Quelquefois, on se perd en forêt ( texte de 2000...)

On va marcher, on va marcher, droit devant soi, sans rien savoir. Sortir à l'air libre, ne plus étouffer sous ces futaies ! Agir pour en sortir. Ne pas rester ainsi confiner, ne pas attendre la pluie. Partir de ce point qu'on a bien repéré, aller toujours dans la même direction sans jamais s'arrêter !
Quand même, on ne va pas mourir ici, il faut courir, il faut se prendre en main. Nul ne viendra nous chercher dans ce coin perdu.

Continuer ma vie en flânerie sans me perdre car on peut se perdre de mille façons et le trop grand désir d'aventure risque de me laisser hagard dans diverses forêts ensorcelées.
Décider de ne pas choisir parmi tous les chemins où vont nos désirs ou bien alors choisir un sentier bien balisé.
Mais je n'aime pas les balises, alors tant pis si je me perds !
Mais je dirai à mes enfants :
" Parfois, au milieu de la forêt, on est perdu.. alors on se réveille et on marche.

Posté par chaabi39 à 20:27 - recherche - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les brouillons

Flot craintif
trotte, saute
échappe
écoute la chanson
du brouillon

On explore le chemin
départ rêvé
tu portes
ce silence
ce néant

Je suis perdue
dans ces papiers épars
ce n'est pas mon habitude
je cherche
un recollement
mais pourquoi donc
tous ces brouillons passés

On se tait
pour entendre
méli mélo est-ce moi
le réel
fait perdre
tout repère

Qui parle
avec ses pieds
qui parle
avec ses mains
qui parle avec ses yeux
qui parle
avec son silence.

Posté par chaabi39 à 19:48 - poésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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