méli mélo

29 juillet 2016

Les animaux

Je ne comprends pas d'où vient cette colombe qui semble loger dans les arbres , est-ce elle qui roucoule ?
J'ai fait ouf quand j'ai vendu mes deux petits moutons cornus, soi-disant nains mais très sauvages et qui cherchaient la bagarre avec moi.
C'était affreux, j'étais obligé de les attacher avec des chaînes comme des chiens méchants, car ils fuguaient de tous les côtés et ne connaissaient pas les frontières de la cour.Ils se sauvaient chez des habitants au loin, sur la route pour trouver de l'herbe plus fraîche.
J'ai cru pouvoir les apprivoiser mais peine perdue et au bout d'un an, j'ai arrêté l'esclavage pour moi et pour eux car ils avaient réussi à sortir de leur enclos, le plus gros en se jetant sur la porte d'entrée !
Et pourtant, quand il y en avait un en danger de s'étrangler avec la chaîne,l'autre venait me chercher !

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Le cosmos

Ce n'est pas encore la nuit, l'ouest flamboie, les chiens aboient, ils doivent être seuls !
Un peu de nuages blancs, les deux arbres majestueux empéchent de voir le ciel mais il est beaucoup trop tôt, j'attends la nuit étoilé car elle relativise tout ce qui se passe sur notre minuscule terre. Nous sommes si petits par rapport au cosmos !
Faudra-t-il que viennent des extra-terrestre pour nous apprendre à vivre en paix.
Les plantes ont moins de fleurs, elles vivent en harmonie entre elles et trouvent leurs nourritures dans cette terre pauvre, elles restent vertes.
Les pierres ont atterri dans le jardin : le chien et ses amis ; elles m'amusent ces pierres peu travaillées;
Je suis heureuse de contempler l'immensité du ciel étoilé, quelle chance d'habiter la campagne !

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27 juillet 2016

Regarder les étoiles

Pas de télévision ce soir, je suis sortie dehors auprès de mes plantes qui avaient du mal à s'endormir.
Le crépuscule était doux, légèrement venté, un peu de fraîcheur et puis la nuit est tombée et j'ai revu les étoiles que je contemplais, avec mon père, dans mon enfance. Il m'avait appris à retrouver l'étoile polaire !
J'ai oublié, la grande ourse était bien là lumineuse, la petite ourse était beaucoup moins visible ...
Si je me souviens, pour trouver l'étoile polaire, il fallait compter cinq distances égales au coté du carré de la grande ourse et chercher en direction de la petite ourse.
On lui avait appris cela peut-être à l'armée pour pouvoir se repérer sur les champs de bataille dévastés de la guerre de 1914.
Après l'enfance,il y a eu tellement de pensées qui se bousculaient et ensuite des gros soucis que je ne regardais plus les étoiles !
Certains pleurent encore les morts et moi je regarde les étoiles en attendant la fraternité.

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20 juillet 2016

Etat des lieux

Il y a de plus en plus de gens violents et donc il y a de plus en plus de morts violentes.
Il y a des pies qui jacassent.
Il y a de plus en plus de politicards qui critiquent à tort et à travers.
Il y en a qui ont un grand sourire comme s'ils étaient contents de ce qui nous arrive.
Il y a ceux qui complotent peut-être, pour profiter des malheurs de notre pays.
Il y a des jeunes qui veulent agir.

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09 juillet 2016

Trêve

C'est la trêve des vacances, un peu plus de sérénité, moins d'insultes, de mots violents, de grossièretés sur les réseaux sociaux, moins de notifications sur les manifestations; les révoltes d'une multitude de réseaux ou de sectes.
Je ne suis pas toujours d'accord sur tout mais jamais je ferai le mouton pour bêler à propos de tout ou de rien.
Et pourtant dans ma jeunesse, j'étais adepte des manifestations pour la paix ou les droits du travail. Mais il n'y avait pas de haine ou bien elle était inaudible.

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23 juin 2016

Attente

Le dégoût des actualités avec cette casse permanente et cette volonté de tout révolutionner sans rien construire de stable. Je crois que le temps des révolutions violentes et sanguinaires est terminé.
J'attends des mécontents plus de retenue, de réflexions, de prévisions, plus d'ouvertures sur les désirs de la majorité des français qui se taisent.
J'attends des mécontents plus de concertations avec ceux qui miaulent en silence.

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Soleil

Ciel bleu
soleil éclatant
fleurs multicolores
arbustes en devenir
petit conifère rondelet
petites roses incertaines
menthes florissantes
guerre contre les chiendents
guerre contre les ambroisies
et le chêne protecteur
qui s'agrandit en cercle
verts,bleues,rouges
jaunes,violets
cherchent à s'harmoniser.

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Crépuscule

Le soleil baisse, il est éblouissant, il se reflète à  travers les vitres de la voiture. Tous les moucherons et mouchillons sont réveillés et cherchent leurs nourritures, les chiens aboient. Un pigeon roucoule très fort. Quelques motocyclistes rentrent à la maison.
Les fleurs restent encore grandes ouvertes. Les collines sont dans l'ombre et l'intensité de la lumière baisse puis le silence arrive dérangé par un oiseau, une pie peut-être ...
Les insectes commencent à se mettre à l'abri. Le coucher du soleil n'est pas resplendissant aujourd'hui, point de couleurs féeriques, un peu de couleurs pastels, du jaune tendre mêlé à du rose lumineux.
Tout s'estompe comme le ciel, les formes des fleurs deviennent floues, les sauges violettes commencent à s'endormir tandis que le géranium aux fleurs bleues s'offre toujours à la contemplation.

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17 juin 2016

Trop de haines

Je déteste les haines et les tueries.
Je déteste toutes les dictatures religieuses ou politiques.
Je déteste tous les sectarismes, tous les anarchismes.
Je déteste les manies de tout critiquer sans vouloir rien construire.

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18 mai 2016

Trop de violences

Je suis scandalisée par les violences gratuites et inexplicables de certains agitateurs qui attaquent les policiers, les commerçants, les banques, certains syndicalistes.
Croient-ils que leurs idées rétrogrades sont partagées par notre société ?  Croient-ils qu'ils peuvent imposer leurs idées par la force ?
Il faut d'abord qu'ils changent leurs comportements fous.
C'est le contraire d'un possible changement dans la non violence et dans la lenteur.

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21 mars 2016

L' essentiel

L' essentiel n'est pas ce que l'on dit, pas ce que l'on écrit, mais c'est nos comportements qui sont importants, être des humains chaque jour.
Il n'y aura pas de changement de la société sans le changement de comportement des humains de notre terre.
Ne pas se fier aux idéologies changeantes selon les réalités.
Ne pas croire au Père Noël comme certains français.
Éviter des contraintes brutales pour changer les comportements des gens.
Éviter les médiations à outrance.

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09 mars 2016

Ils racontent Cumières 1916

L'offensive est déclenchée en Février 1916. Début Mars, les combats ont lieu sur les collines du Mort-Homme puis c'est la côte 304 qui est attaquée le 20 Mars.
Cumières tombera le 24 Mai 1916. Déluge de feu et climat terrible, 10.000 poilus sont morts dans ce secteur.
Cumières est déclarée village mort pour la France et devient en 1922 : Cumières le mort-homme.
Avant la guerre, il y avait ici un paisible village.

Lettre d'un soldat à sa mère sur la bataille de Cumières
Tu ne peux savoir, ma mère aimée ce que l'homme peut faire à l'homme.
Voici 5 jours que mes souliers sont gras de cervelles humaines, que j'écrase des thorax, que je rencontre des entrailles. Les hommes mangent le peu qu'ils ont, accotés à des cadavres.
Le régiment a été héroïque : nous n'avons plus d'officiers !

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08 mars 2016

Ils racontent le Mort-Homme le 9-4 1916

Le Mort-Homme c'est une colline en forme de triangle allongé, la terre est à nu, déchirée, meurtrie ça et là par les tranchées et par les trous d'obus. Pas un arbre, on dirait les lames plus ou moins longues et plus ou moins hautes d'une mer démontée.
On vit apparaître des lignes de tirailleurs entre le bois des Corbeaux et de Cumières et la pente est du Mort-Homme. Parfois une fusée montait en l'air, appel aux canons, jalonnements de la route suivie.
Le tic tac régulier des mitrailleuses, le claquement des balles se percevaient distinctement dans le fracas même du bombardement.
En arrière, bien peu en arrière, sous le canon et même sous le fusil des groupes, des isolés circulaient, paraissaient circuler tranquillement comme s'il ne se passait rien d'anormal. Ce groupe là, c'est une corvée. Sept, huit ,dix, on peut compter. Douze cuistots revenant de porter les vivres ....

Le 25 Février, la neige tombait sur les tranchées.
Du 9 au 15 Mars des combats ardents se déroulèrent dans le bois des Corbeaux, là où les Allemands ont récupéré la position. De nouvelles vagues de combattants surgissaient ... à la fin, les forces militaires allemandes sont évaluées à une division.
Puis vers le 13 Mars, le feu de nos adversaires redoubla. Cela se passait entre Béthincourt et le Mort-Homme.
Le 18 Mars les bombardements français se firent sur les positions du bois des Corbeaux et de Mort-Homme

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07 mars 2016

Drôme, terre des réfugiés en 1914

Je reproduis, presque mot à mot, une étude du comité départemental de 14-18 qui a besoin d'être connue.

En 1914, on voyait des civils, vieillards, femmes et enfants fuir l'avancée allemande. D'autres sont évacués par l'armée française. Le 17 Août 1914, le préfet de la Drôme parle de bouches inutiles accueillies soit 1481 personnes. Le 6 Décembre 1914, le sous-préfet de Montélimar recense 3000 étrangers ... les gens du nord sont-ils considérés comme étrangers ?. En 1917, des accords permettent le retour dans leurs pays d'origine des réfugiés.
Mon père et tous les mobilisés savaient que tous ces enfants et ces femmes n'avaient pas quitté leurs maisons de bon coeur.
Il faut faire le tri entre les bien-portants, les malades, les aliénés, les tuberculeux. L'autorité militaire a le droit de faire des réquisitions de logements, de produits alimentaires, de chauffages, de traitements pour les bouches inutiles mais en Septembre 1914 c'est les préfets qui prennent le relai. Ils arrivent par convois à la gare de Valence, ils sont logés provisoirement dans les hôtels près de la gare, à la bourse du travail, dans les écoles.
Les préfets fixent le nombre de réfugiés par communes et les maires assurent la répartition entre les habitants, la Drôme recense 13000 à 15000 réfugiés dans 280 communes. Plus de 1000 pour Valence et Montélimar - De 100 à 999 pour Anneyron, Tain l' Hermitage, Saint Donat, Bourg les Valence - De 50 à 99 pour Hauterives et Claveyson. Parfois la Croix rouge sert des boissons chaudes !
Les Alsaciens et les Lorrains sont mis en résidence dans des dépôts souvent très surveillés. Il y a un gros tri entre les Alsaciens de catégorie 1, d'origine française reconnue, la catégorie 2 avec des gens qui ont de bons sentiments français. La catégorie 3 est suspecte, ils sont soumis à l'internement pur et simple.
Le secours en argent est équivalent à celui des femmes de mobilisés soit 1 franc 25 pour les adultes et 0 franc 50 pour les enfants de moins de seize ans.
S'ils sont logés et nourris chez l'habitant c'est ce dernier qui reçoit l'allocation. Il est interdit de cumuler ce secours avec l'allocation travail.

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20 novembre 2015

Un choix

La question  me semble être celle-ci :
Chacun de nous est-il un résistant contre le fascisme sanguinaire des déviants musulmans ( qui ne sont pas tous des militants de Daech ). La déclaration des imams était-elle contrainte ou sincère, j'ai de gros doutes.Ou bien allons nous voir le cynisme, la lâcheté, la collaboration passive ou active, les intérêts électoraux comme pendant la guerre de 1939.
Depuis le terrorisme en Algérie, depuis la multiplication des mosquées avec des imans rétrogrades, j'ai vu les musulmans changer de mentalités et dire des choses intolérables ...
Anecdote : Je me souviens de mon beau-père qui était un homme bon et réaliste : il ne voulait plus manger d'asperges car on lui avait dit en Tunisie que c'était un aliment interdit et il le croyait !

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14 novembre 2015

- Nous sommes sous le feu

Le 21 février 1916, ce fut un déluge de feu, des murs de fumées. Je vois une attaque, ils tombent comme dans un jeu de quilles, ils tombent parfois dans l'eau. Comme maintenant ils ont photographié la mort, les soldats qui se font abattre comme des lapins !
Ils ont filmé les tranchées charniers car au milieu des ferrailles, ils sont là les morts, des têtes de morts qui sont déjà que des os, les rats ont dû nettoyer tout ça, c'est à cause de la multitude des cadavres qu'il y avait un envahissement de rats dans les tranchées. Ces morts qu'on ne pouvait pas enterrer du côté français et du côté allemand, ils les mettaient dans les niches creusées par les soldats pour se mettre à l'abri.
Puis ils reviennent des tranchées et doivent partir à l'arrière pour souffler ! tous ces condamnés à mort  qui n'avaient, paraît-il, que 15 jours d'espérance de vie.
Papa, j'ai vu tes camarades mourir 99 ans après cette bataille, j'ai vu la tranchée pleine de cadavres, c'est une vidéo sur la bataille de Verdun. Il ne restait aucune place pour les vivants, au bois des Corbeaux ou à la Côte de l'Oie où était ton régiment, il ne restait aucun arbre, des troncs cassés !
Je vois les cimetières : pendant 300 jours, la bataille a fait rage, 378.777 morts français et 333.000 morts allemands.
Une autre vidéo où il est question de l'enfer sur terre et de l'inhumanité de cette guerre. Des français, des allemands, quelques uns veulent faire leurs devoirs, d'autres se révoltent. Guillaume deux était-il un va-t-en guerre ?
Quelques uns, férus d'histoire savaient que la guerre allait durer longtemps ; tous ne sont pas euphoriques même avec les tonneaux de vin.
- J'ai décidé de me résigner à l'inévitable dit un juriste allemand appelé à combattre.
Pétain s'occupe de la bataille de Verdun. Des milliers de personnes prennent la fuite suite aux bombardements de la ville.
-" Celui qui recule sera fusillé " dit-il. Mais il relève très souvent les unités qui sont dans les tranchées.

Ils ne savaient pas pourquoi et pour qui ils mourraient, tout le monde se taisait même les gros blessés.
Une blessure à la main gauche était un acte de haute trahison !
Les hommes avaient les nerfs qui lâchaient, c'était les trembleurs de la guerre.

Il est midi le 14 11 2015, j'ouvre la télévision, j'ai de la peine à le croire, cette nuit c'était une hécatombe à Paris !

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10 novembre 2015

Le 8 octobre 1915

J'ai trouvé des documents sur Internet sur les batailles de l'Artois en automne 1915. Il y avait eu la prise de Souchiez et de la côte de Vimy avec 40.000 morts français et 30.000 morts allemands.Le 8 octobre 1915, des tirs extrêmement violents et rapides furent déclenchés sur nos lignes à midi, il tomba des obus de 380 et de 305 et des projectiles de 210 et de 150.
Vers 3 h 30 de l'après midi, le tir devînt d'une intensité extraordinaire, c'était bien le feu tambourinant ! Les villages rapprochés étaient soumis à un déluge d'obus suffocants. L'odeur fétide et entêtante dura 36 heures après les bombardements.
Vers 4h10, ce fut une vague allemande dans les tranchées ; les allemands tiraient dans le bleu. La deuxième vague d'assaut suivait la première à 150 mètres puis ce fut la troisième vague ... le combat se poursuivit à la grenade, la troisième vague ne put s'approcher des tranchées car il y eut un barrage foudroyant de l'artillerie ...
Puis il y eut l'assaut des réserves allemandes, il y eut une défense française donc les débris des unités d'assaut se sauvèrent en désordre sur la route de Lens à Bassée.
Il n'y a pas de hasard, le régiment de mon père était ici, a-t-il participé à la défense des tranchées ? les survivants ont dû être horrifiés de voir tant de morts, les poilus se sont regroupés :
Ont-ils fui les tranchées comme des fous ?
Ont-ils menacé leurs chefs ?
Ont-ils répondu à la terrible bataille par une grande violence, je ne suis sûr de rien ?
Ce jour-là, beaucoup de poilus de la région dont mon père ont été rayés des cadres. Ont-ils fait de la prison ?
Le 14 novembre 1915, beaucoup furent mutés au 139 ri car la bataille de Verdun se préparait ! D'autres poilus récalcitrants furent envoyés en Orient ou ailleurs !

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02 novembre 2015

Le gâchis

Moïse était arrivé à la gare d' Arras avec ses compagnons. L' Artois était dévasté, les impacts de balles et de bombes étaient des plaies béantes.
Un nombre incalculables d'immeubles étaient détruits et quatre fois plus étaient gravement endommagés. Les usines étaient saccagées. Plus de 8000 routes étaient à refaire. Plus de 1000 voies ferrées étaient inutilisables. Plus de 1000 ponts étaient à reconstruire.
Plus de neuf pour cent de la population avait disparu. La mortalité était passé de dix neuf pour cent à plus de quarante et un pour cent.
Il restait un quart de la forêt de Nieppe. La forêt de Fourmies était détruite ainsi que celle de Marchiennes.
Le Nord fier de ses industries et de son agriculture n'existait plus. Les villes et les villages étaient dévastés, quelques réfugiés descendaient vers le Sud, d' autres s'abritaient dans les décombres de leurs maisons.
C' était la famine, le rationnement avait passé à 200g de pain par jour, les habitants mangeaient des raves à la place des pommes de terre, les champs de houblons étaient piétinés, on mangeait des feuilles de chêne quand il en restaient sur les arbres. On se servait de la margarine car le beurre était un luxe, il se vendait au marché noir.
De nombreuses maladies avaient refait leurs apparitions : dysenterie, choléra, tuberculose, scorbut, variole.
Les Allemands qui occupaient la région avaient créé des colonnes agricoles et ouvrières avec le travail obligatoire. Ils prenaient des otages qui devaient répondre de la tranquillité de la population !

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24 octobre 2015

C'était le 8 Avril 1915

Il fait soleil, les arbres fruitirs sont en fleurs, les filles sont très belles surtout Eva, les blés sont drus et bien verts mais Moïse doit prendre le train à Valence.
Ce soleil l'énerve, cette verdure, les pleurs de sa mère et de ses soeurs car c'est le jour du départ à la guerre pour tous les jeunes gens qui sont nés en 1896.
Il voulait s'enfuir, se terrer dans les collines mais il aurait été dénoncé tout de suite vu l'excitation de certaines personnes qui ne partaient pas à la guerre ...
Donc il devait prendre le train, il ne voulait pas être fusillé comme déserteur et pourtant il savait que ses chances de survie étaient minces !
Le train roulait doucement en crachant beaucoup de fumée ce qui estompaient les silhouettes de ses soeurs venues l'accompagner. C'était un train spécial
réservé pour les militaires et la plupart étaient excités par ce voyage, par la nouveauté pour eux du transport en train et de voir défiler campagnes et villes, quelques uns laissaient couler quelques larmes silencieuses impossible à retenir mais il n'était pas question de ne pas se montrer courageux !

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Angoisse en janvier 1915

L'orage battait son plein, les volets tapaient, les tôles du hangar grinçaient, les chiens aboyaient, il faisait très sombre. Les parents n'avait qu'un demi-siècle mais ils étaient déjà vieux surtout la mère qui boitait beaucoup, Henri était à la guerre, Moïse s'apprêtait à partir dans trois mois, il n'avait pas encore 19 ans, il allait laisser ses parents, sa soeur de 17 ans, son frère de 13 ans et le bébé de un an, la fille aînée habitait chez sa grand-mère à Mureils.
La nuit tombait, les hommes de la famille se chauffaient autour de la cheminée en attendant d'aller traire les vaches,leur donner du foin sans oublier les boeufs et les chèvres qu'on ne pouvait sortir avec un froid de moins cinq degrés.
Le père ne disait rien, drapé dans son autorité intransigeante de patriarche, pas question de traîner au lit le matin ; après la soupe, on montait se coucher comme les poules pour être debout à six heures du matin, avant le jour. Demain, la journée serait harassante, il faudrait partir à Colonfort faire une coupe de bois pour l'an prochain et les trois hommes de la famille partiraient avec leurs haches, leur passe-partout et leurs casse croûte, pas question de revenir pour le repas de midi, on n' oubliait pas la bouteille de vin rouge, il fallait se donner du courage car cette année on couperait le double des arbres pour faire une réserve de bois car c'était la guerre, il n'y aurait plus d'hommes jeunes à la maison sauf le petit apprenti qui devrait remplacer ses frères.
La mère se reposait, la fille préparait la soupe et s'occupait de son petit frère qui n'était pas encore sevré, il pleurait souvent et titubait sur ses jambes frêles.
Moïse ne disait rien mais le film de la guerre passait dans sa tête, il savait presque tout par les journaux, par les conversations au café, par les lettres de son frère, par les lettres de ceux de 14 dont sa soeur était marraine mais surtout par les permissionnaires qui étaient très entourés au café et qui parfois ne répondaient pas aux questions, Moïse interprétait ces longs silences angoissés.
Il les voyait cacher leurs têtes derrière des talus de terre, il les voyait ne pouvant ni avancer, ni reculer et toujours sans casques.Il avait vu cela au cinéma, une seule fois et c'était suffisant, il faisait des cauchemars !
Les obus éclataient et soulevaient les hommes, beaucoup de soldats étaient tués ou blessés, couverts de sang. La demi boule de pain qu'on ne partageait pas, la faim, la soif, les insomnies, le froid, la pluie, la neige, les petites cavités creusées pour se protéger, la puanteur des cadavres.
Pleut-il à Verdun, pleut-il dans la tranchée de son frère et dans celle de ses copains ?
Les habits trempés et sales, parfois le sommeil à moitié dans l'eau, les attaques même de nuit. Des loques humaines qui deviennent des brutes !
 De la boue jusqu'à la ceinture, des blessés, des millions de morts, comment pourra-t-il survivre ?
Il a peur mais il n'est pas question de s'apitoyer sur son sort !

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