Méli mélo

instants fugitifs

29 novembre 2009

Désir de malaxage

Le feu que je croyais éteint définitivement renaît tout doucement avec l'envie de faire des choses.
Malaxer ma vie comme on malaxe l'argile. Je n'ai pas commencé, j'attends ma petite fille pour me donner de l'énergie.
Elle a l'air sympathique cette argile rouge que je vais pétrir pour faire un objet, je ne sais pas quoi. Sans outils, sans tours comme faisait l'arrière grand-mère de mes enfants.
Renouer avec le savoir ancestral qui n'avait pas besoin d'outil.
Pour la cuisson, allons-nous essayer avec des feux de bois comme les tunisiennes anciennes qui laissaient cuire très longtemps leurs poteries ( évidemment la température ne montera jamais à 1200 degrés )

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Atelier

Tout est contradictoire, je suis bien en famille et pourtant je ne rêve que d'une pièce à moi, un lieu, un espace qui me ressemble. Un lieu où l'on peut laisser des objets inachevés, des papiers désordonnés, de la terre salissante comme une salle de jeux pour les enfants.

C'est fait, j'ai déménagé l'ordinateur pour laisser une pièce interdite aux adultes avec les deux tables en fer, des cartons blancs, des pinceaux, des peintures.
C'est un espace pour moi et pour mes petits enfants, j'attends beaucoup d'eux pour inventer. J'ai commencé, c'est du bleu et des flammes oranges comme un bouquet.
Toujours une pensée de la mer, toujours une pensée du feu. Une ébauche à l'acrylique que je n'arriverais peut-être jamais à finir.
Réconcilier l'eau et le feu, c'est tellement difficile.
Réconcilier l'acrylique, le pastel et la peinture à l'huile peut-être...

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27 novembre 2009

Citation de Pontalis trouvé par hasard : 

" Chaque époque est prisonnière de ses croyances et n'avoir pour seul Dieu que le savoir en est une , plus aveuglante. "

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Paysage habituel

Après les travaux et l'agitation de ces trois jours, voilà la fatigue physique et je rêve avec ce petit espace-paysage tout réduit, je l'ai agrandi en ouvrant le deuxième volet.
L'arbre est toujours omniprésent, il y a plus de vingt ans qu'il a été transplanté en ce lieu.
Personne aurait pensé qu'il puisse s'adapter ici, s'enraciner, devenir vigoureux, devenir grand, donner beaucoup d'ombre, être accessible aux enfants pour faire leur maison. Ce mini paysage me pacifie.
Le chat noir vient jouer avec la barre de fer des volets puis se sauve car il a vu que je ne bougeais pas.
Après l'enfer de la solitude, me voici revenue à mes travaux habituels.
Et toute cette généalogie de femmes : ma grand-mère, ma mère, cette femme que je suis, ma fille, ma petite fille.
Différence, ressemblance.

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L'arbre

Le corps ne suit jamais la pensée, il est toujours en retard, il met des obstacles, il n'est pas content, il ne sait pas ce qu'il veut.
La pensée semble le savoir, elle veut sa liberté, elle veut écrire, lire, elle veut voyager, elle veut bien vivre.
Elle veut parcourir les espaces, elle veut descendre en terre voir ce qu'il y a, elle veut s'interroger sur tous les êtres vivants.
Et je vois l'arbre tordu de toutes parts avec un tronc troué, des branches nouées et toutes ces petites branches qui tournent en rond vers la lumière et derrière je vois le ciel bleu et l'herbe bien vigoureuse en ce moment.
Je ne l'ai jamais vu aussi beau cet arbre ressemblant à mon corps.

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Annulation

J'ai demandé l'annulation des procédures de séparation, je ne pouvais pas vivre seule, ce que je ne savais pas.
Il ne pouvait pas vivre seul, ce que je savais.
Je ne pouvais pas l'oublier, il ne pouvait pas m'oublier.
Nous allons mettre en place une organisation qui respecte la liberté de chacun avec des aides extérieures.
Adieu les rêves insensés.
Adieu vaches, veaux, cochons, couvées.
Mais je ne renonce pas à mes rêves, des rêves possibles, réalisables, difficiles.
Même si rêves et désirs sont éteints en ce moment, je sais qu'ils vont revenir.
Prendre conscience de mes limites, c'est une bonne expérience, même si elle est très douloureuse.

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25 novembre 2009

La révolte de l'animal en moi

C'est un chat sauvage enfermé dans une pièce. Il devient fou, il miaule jour et nuit, il s'agrippe aux rideaux, il saute sur la table.
Il veut sortir, il s'élance et se butte la tête contre les murs. Il hérisse ses poils, fait le gros dos, il est prêt à griffer mais pourquoi donc l'a-t-on enfermé dans trente cinq mètres carrés, il ne supporte pas.
Il fait le vacarme, il s'agite, trotte d'un côté à l'autre, surveille la porte du balcon pour s'échapper.
Elle veut le dresser absolument, ça ne marche pas... Il ne veut écouter ni les émissions historiques, ni la musique, ni regarder à la télévision tous ces autres animaux sauvages.
Elle l'a emmené en promenade avec une laisse car elle sait qu'il va s'échapper pour rejoindre sa forêt, sa famille, ses amis. Pas moyen de marcher, c'est la honte, il refuse d'avancer.
On rentre à la maison, il a faim, il protestait depuis quelques heures. Il refuse sa pâtée, on essaie le Ronron il goûte mais ne mange pas. Il dort mal, il s'agite, il se lève la nuit, il a faim !
Le vétérinaire a ordonné des calmants, il ne les veut pas, il veut rejoindre sa forêt, sa famille, ses amis.
Par hasard, un rouge gorge est entré par la fenêtre ouverte, il a foncé contre la vitre et s'est fait mal au bec. On l'a gardé tout doucement entre les mains car il était abasourdi mais lui le carnivore, voulait le manger tout vivant.
On ne pourra jamais en faire un chat d'appartement, bien poli, bien dressé. On l'a reporté dans sa forêt avec les siens. On aurait jamais dû attendre deux mois pour le libérer !
Pauvre chat, il ne pouvait plus exister dans cette pièce sous la surveillance de sa patronne. C'était l'enfer pour lui mais comment a-t-il pu se faire capturer ?
Cette surveillante l'agaçait, elle notait toutes les bêtises qu'il faisait mais comment pouvait-elle être si naïve, on ne dompte pas un animal sauvage.

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18 novembre 2009

J'existe

Autrefois, je courai après le temps, je ne pouvais jamais faire tout ce que je voulais.
Maintenant, le temps j'en ai trop, je ne sais plus quoi en faire, tout m'ennuie, je ne persévère dans aucun travail.
Quand la date sera passée, serai je mieux ? je ne peux m'habituer à cette séparation avec la famille , je n'arrive pas à faire le deuil.
Le plus embêtant c'est le réveil au milieu de la nuit, toujours bizarre avec cette idée qui surgit sans cauchemar
  " je n'existe pas "  parce que, parce que...parce qu'il y a la peur
je me calme tout doucement.
J'existe puisque je suis là.
J'existe puisque je peux parler ou écrire.
J'existe même si je pense très peu.
J'existe puisque je n'ai pas perdu les sensations.
Il est vrai que suivant mon état mental, le même paysage peut m'enthousiasmer ou m'ennuyer vraiment.
Il est vrai que la même musique peut vibrer en moi ou m'agacer.
Il est vrai que le même livre peut me passionner et un autre jour , je ne pourai pas lire une page.
Il est vrai que la même maison peut m'attendrir ou me donner la nausée.
Mais le plus terrible, c'est mon attitude envers la même personne, attitude différente suivant les circonstances qui viennent le plus souvent de moi et de toutes mes tergiversations, il ne doit rien comprendre, enfin ce n'est pas trop facile, je fais ce que je peux !
Adoucir la guerre en moi, cette difficulté à me réconcilier !

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Près de l'eau

Au bord de la rivière, il y avait le vent tourbillonant.
Probablement, il y avait l'herbe verte, les feuilles vives ou mortes, les animaux et le ciel profond. Elle voyait cela, un autre aurait vu autrement.
Cherchait-elle la femme nouvelle, renouvelée dans sa vie échevelée.
Cherchait-elle la stimulation du vent et la douceur du soleil.
Cherchait-elle comme une quatrième dimension, une ouverture vers les profondeurs de toutes choses.
Ne pas rester sur les impressions mais descendre au fond de notre eau dans la communication ou la communion avec toutes choses.

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Gammes de rêve

Derrière le noir-noir, il y a un rouge qui arrive.
Des taches bleues tremblotantes
Des formes informes d'un beau violet qui dansent
Un fleuve bleu qui serpente
Un rose merveilleux
Un bleu où l'on voit peut-être des cimes d'arbres
Une étendue bleue très bourgeonnante comme une mer étrange
Divers bleus, divers violets très beaux qui viennent et disparaissent.
Compositions horizontales
Compositions verticales
Zébrures.
C'est la mer que je vois alors que je ne pouvais plus l'imaginer.
Ce bleu radieux joue aux formes informes.
Rouge-velours, rouge mêlé à un peu de noir, grande étendue mobile...
Puis j'ai dormi !

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